Accueil » Morceaux de textes choisis » Le Nombre cinq du Compagnon

Le Nombre cinq du Compagnon

      Morceaux de textes choisis     

morceaux1
Travail    Symbolisme des Nombres
Thème    Le Nombre cinq appliqué au Compagnon
Auteur    Un Compagnon de la Grande Loge Française REP

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

Sorti de la Chambre de réflexion, l’Apprenti connaît une nouvelle vie. Comme l’enfant, à trois ans, il découvre son entourage, il s’intéresse à tout, il voit tout, il entend tout.  Lors de la cérémonie de sa Réception dans l’Ordre, après les premiers balbutiements et les chuchotements de bouche à oreille, il épèle les mots et il apprend à lire et à écrire, n’étant toutefois pas autorisé à prendre la parole en Tenue ; après les premiers pas glissés et hésitant à avancer, il apprend à se diriger.  A cinq ans, tout comme l’enfant participe à la vie du foyer, le Compagnon appréhende les choses de la vie initiatique. Mais pourquoi l’Initié ne naît-il pas à deux ans ou à quatre ans au lieu de trois ?  Dans sa progression, l’Apprenti qu’il était reçoit non plus seulement le Mot sacré, mais le Mot de passe et le Mot sacré de son nouveau Grade ; désormais il lui est permis de prendre la parole durant les Travaux et il peut voyager sans être accompagné. Ainsi, il a directement cinq ans et non pas quatre ou six.   En effet, les pas glissés de l’Apprenti, au nombre de trois, sont augmentés de deux pas supplémentaires, pour former cinq pas. Les deux derniers pas marquent une étape nouvelle, si bien que nous disons la  » marche du Compagnon  ». Dès lors que le Compagnon ne tâtonne plus pour marcher sans risque de perte d’équilibre, ces deux pas ne sont plus glissés au ras du sol, ainsi apte à se diriger il peut quitter la ligne axiale. Aux trois pas glissés, correspondant à l’âge de l’Apprenti, cumulés à deux pas supplémentaires, ils donnent le cinq qui est l’âge du Compagnon. Après les Epreuves qu’il avait subies durant sa Réception au Grade d’Apprenti, lors de la cérémonie de son Passage au Grade de Compagnon, sous la conduite du Maître des Cérémonies, il fait cinq Voyages, dits de Probation au REP et monte les cinq Marches de ce Grade.  Ainsi, le nombre de pas et l’âge rejoignent le symbolisme des Nombres, selon lesquels trois et cinq sont des nombres entiers dont la particularité et de n’être divisibles que par eux-mêmes.

Après le Nombre trois de l’Apprenti, vient le cinq, le Nombre du Compagnon. Le Nombre cinq est confirmé par les cinq coups frappés à la porte du Temple, les trois bougeoirs supplémentaires, un sur l’Autel d’Orient et un sur le Plateau de chaque Surveillant, dès lors la simple Batterie au Grade de Compagnon est de cinq coups. Celui-ci a donc cinq ans ; il a l’âge de ses sens qu’il développe davantage après la période d’apprentissage. Le Nombre cinq n’est pas anodin, il est le Nombre de l’harmonie et de l’équilibre subtil que sont les cinq sens.  L’homme est un corps de matière qui possède une âme, sans laquelle le corps ne pourrait se mouvoir. Nos cinq sens sont perçus par le corps et analysés par l’esprit qui les comprend, les interprète et nous donne les sensations de bien-être ou de mal-être, bon ou mauvais, beau ou vilain.  Le corps véhicule l’esprit, et l’esprit conduit le corps.  Autant que chaque forme est indivisible de la matière, chaque homme a son enveloppe charnelle qui l’unit à l’esprit, dont il est la quintessence.

Les cinq ans du Compagnon représentent sa capacité à comprendre et à vivre en harmonie avec les éléments. La quintessence est subtile, résultante éthérée, dégagée de la réunion des quatre Eléments, Terre, Eau, Air, Feu. Il lui faudra un peu de temps pour analyser ces quatre Eléments et faire un rapprochement avec les quatre trimestres et les quatre saisons d’une année, les quatre métaux (Or, argent, bronze et fer), les quatre êtres vivants de l’Apocalypse  (un lion, un taurillon, un aigle et l’homme),  les quatre évangiles,  les quatre membres du corps, lesquels articulés par l’esprit forment le cinq avec la tête, et naturellement les quatre éléments précités dont dépend l’homme.  En fait la quintessence est l’alchimie du mélange harmonieux des séries de plusieurs composantes et pas nécessairement quatre, pour s’inscrire dans un ordre symbolique.

Ainsi, l’harmonie est la quintessence de la musique, en tout ce qu’elle est composée de notes, arpèges, pause ou silence, car le silence est aussi important que le son. L’esprit et la quintessence animent l’homme.  La nature entière est régie par les mêmes lois, de la plus petite créature unicellulaire jusqu’à l’homme qui passe pour être le plus parfait de la création ; nous appartenons tous au règne de la nature. C’est de cet aspect symbolique, que nous devons tirer la véritable quintessence de notre conscience qui est biface. En notre âme et conscience, nous prenons conscience de notre être, car nous avons bien la perception des échos de notre environnement.

C’est ainsi que dans la Kabbale, le cinq représente l’homme parfait. Composé du nombre deux, la dualité, et du trois, la divinité, le cinq représente la perfection de l’homme dans sa complexité et sa capacité à grandir. C’est à cet âge, que le Compagnon va entreprendre un travail basé sur l’ouverture vers la Connaissance. Et c’est plus particulièrement par un travail sur lui-même qu’il va apprendre à se découvrir autrement, c’est-à-dire par une descente en lui dans une introspection nécessaire à sa libération des derniers métaux.  Les cinq chapitres de la Torah représentent bien la grandeur de ce Nombre. C’est en quelque sorte la quête du Graal qui incarne la cinquième plaie du Christ.

Dès lors que le premier Nombre divisible est le deux, qui représente la dualité, le binôme, le bien et le mal, le blanc et le noir, le vrai et le faux, le yin et le yang, le principe même de l’attirance des contraires se traduit par la tolérance, le choix entre deux requêtes.   Le trois est le deuxième nombre indivisible après l’unité et il est comme nous le savons le Nombre de l’Apprenti. Il est surtout le ternaire, le principe spirituel de la Maçonnerie, si bien que l’âge du Compagnon correspond au troisième Nombre entier, lequel suit directement le trois.  Il y a alors lieu de considérer la personnalité de l’Initié qui aura un caractère entier pour suivre son œuvre. Rien ni personne ne pourra le diviser, parce que lui seul pourra changer son esprit ou son orientation dans son parcours maçonnique personnel, comme sa marche (à cinq pas) qui l’oriente dans une autre direction que la ligne droite des trois pas glissés de l’apprenti.  A trois ans, puis à cinq ans, l’Initié, entouré et soutenu par ses Frères et les deux Surveillants, sera seul un décideur indivisible.

On ne peut passer sous silence  le cinq présent en géométrie sacrée, au titre du Nombre d’or, car si on extrait sa racine en lui ajoutant 1, qui est l’unité par excellence, et que l’on divise le tout par deux (binaire), on obtient alors 1,618.  On retrouve ce Nombre d’or dans la nature au travers des cinq spirales naturelles de certains céphalopodes, les fleurs à cinq pétales, ainsi que l’a illustré dans ses œuvres le fameux mathématicien Fibonacci (1170-1250) de son nom Léonard de Vinci ; comme dans bon nombre d’architectures dans lesquelles la divine proportion a traversé les âges et a suscité bien des réflexions qui ont permis la construction d’édifices grandioses.

Travail déposé en décembre 2022