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Les fondations de la Loge maçonnique

       Morceaux de textes choisis     

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Travail ..    Panorama de la Loge symbolique au Rite Ecossais Primitif  
Thème       La Loge, le Temple, les Maçons                          
Auteur        Elisabeth Mutel

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers,

Au nom et sous les auspices de l’Ordre du Rite Ecossais Primitif, en vertu des Anciens Devoirs et des Pouvoirs qui me furent conférés en fonction de ma Charge, je déclare ouverts les Travaux de cette Respectable Loge à l’Orient de …… ; ainsi s’exprime le Vénérable auprès des Maçons réunis en Tenue.  Au-delà de l’ordonnancement des éléments constitutifs du Temple, parmi lesquels sont l’emplacement des Plateaux et des bancs (les Colonnes du Nord et du Midi), ornements, Etoiles et Outils, Décors et Bijoux, et plus généralement tous les Symboles exposés dans le Temple dans l’esprit du Rite et de l’Ordre maçonnique, font partie de la Loge, où les Maçons sont invités (pour les Visiteurs) et les Membres convoqués aux Travaux rituels.

A la traditionnelle question ‘’Où avez-vous été reçu Maçon ? ‘’, l’Initié répond ‘’Dans une Loge juste et parfaite’’. L’instruction dialoguée du premier Grade du REP précise la question par : ‘’D’où venez-vous ? ’’, dont la réponse est : ‘’De la Loge de saint Jean’’. Cette Loge, composée de Maçons réguliers, juste et parfaite dûment constituée, tient assemblée en un lieu glorifié, car :

Selon la tradition ce fut le corps de notre Maître Hiram qui fut inhumé, sur ordre du roi Salomon sous ce qui devait devenir le Saint des Saints du Grand Temple de Jérusalem, auquel il donna son nom, que s’élabora l’âme de notre Fraternité ». (cf. notre Rituel de fondation d’une Loge), d’autant que prend place au pied de l’Orient, l’Autel des Serments sur lequel sont déposées les Trois Grandes Lumières de la Franc-Maçonnerie, soit la Bible ouverte au Prologue de Jean, le Compas et l’Equerre.  Est exposée en bonne place, la Patente délivrée par la Grande Loge pour donner juridiction de compétence à la Loge.

Dans la Loge juste et parfaite, l’Impétrant trouvera progressivement son chemin de l’Occident à l’Orient depuis la première question qui lui fut posée par le Maître des Cérémonies, lors de son Initiation aux premiers Mystères. Du fait de son inaptitude même à connaître les conditions de son accès au Temple, à la question du Vénérable ‘’Voyez qui frappe ainsi à la porte du Temple et écartez tout Profane qui oserait troubler nos Travaux ?’’, le Frère Terrible répond ‘’C’est un Profane qui demande la faveur d’être reçu Maçon et d’être admis à nos Travaux.’’  Puis dans une affirmation qui lui est strictement dictée, le Profane déclare ‘’Monsieur, mes intentions sont droites, ce n’est pas la curiosité qui a guidé mes pas, mais le désir de m’instruire dans la voie des vertus morales’ ».

Sont ici rappelées les conditions basiques de constitution d’une Loge, qui doivent être scrupuleusement observées, et déclinées comme suit :

  • ses qualités de juste (pour un Triangle idéal) et de juste et parfaite (pour une Loge), les deux étant régulièrement constitués selon Patente, assortie d’une Charte et d’une Lettre d’Accréditation délivrées par la Grande Loge ;
  • sa fondation à la Gloire du Grand Architecte de l’Univers ;
  • sa spécificité de Loge de saint Jean à la mémoire des deux saints ;
  • ses Travaux ouverts au Prologue de Jean et pour toutes prestations de Serment prononcées, main droite posée sur la Bible ;
  • le traité de constitution de la Loge (Patente), dont son titre distinctif doit rappeler la Vieille Ecosse selon les statuts de l’Ordre arrêtés par Robert Ambelain.

         Il semble utile de définir deux mots, ‘’loge’’ et ‘’constitution’’, afin que leur véritable signification imprègne notre esprit.  Sans revenir en détail sur la Loge, et donc pour mémoire, la Loge est le lieu connu des seuls Initiés, où les Apprentis et Compagnons sont appelés à l’œuvre et les Maîtres-Maçons appelés à l’ouvrage.  C’est par excellence un lieu, dit Temple, dans lequel se déroulent les actes rituéliques, de la Réception aux trois Grades symboliques jusqu’aux Travaux, et ce sous la direction du Maître de Loge assisté du Collège d’Officiers, lesquels Travaux font l’objet de points portés sur le Plan parfait de chaque Tenue.

La Loge est en elle-même un symbole d’une forme géométrique concrète, mais d’une réalité intérieure profonde. C’est un lieu ‘’sacralisé’’, que lui confère son architecture proche de celle du Temple de Salomon, l’un des mythes chers à la Franc-Maçonnerie. C’est parce que ‘’Loge’’ veut dire monde et que, chez les juifs, le Temple de Jérusalem représentait le monde, qu’il figure dans le thème de la Maîtrise depuis le Moyen-âge. Il est le lieu dans lequel on donne et l’on explique la parole (logos), cf. J.M. Ragon. Le titre des Loges (Royal Lodge) devait avoir ‘’L’’ pour initiale. C’est aussi en mémoire de ce nom, que les nations ou leur capitale, qui, les premières reçurent les bienfaits de l’Initiation, ont été désignées par un nom ayant cette même lettre initiale : comme London en Angleterre, Latium pour l’Italie, Lutetia pour la France et Lugdunum (venant de lug et duno), lieu suprême de la mythologie celtique pour Lyon, capitale des Gaules. Cette conception de la Loge est bien trop souvent abandonnée ou oubliée par quelques Obédiences qui rejettent ses bases structurelles, sans doute par sensibilité aux implications ethniques.

Entre vision extérieure d’une formation initiatique et réalité de l’Initiation aux mystères de la Franc-Maçonnerie, se trouve définie la tâche majeure de cette Institution ; celle d’offrir une transition ou un passage du monde du règne matériel établi, à celui d’un retour aux sources par les voies de l’Initiation, née de la Tradition et donc de l’Histoire universelle des Hommes

Ne serait-ce pas là, l’une des voies à emprunter par les Maçons du IIIe millénaire, pour cerner le Plan parfait du Grand Architecte de l’Univers ?  La Loge est, ou devrait être, le centre privilégié d’un programme d’activité, ou un modèle d’inspiration dans lequel se fondent et se confondent, des recherches et investigations. Sont ainsi activés plusieurs genres d’instruction symbolique et culturelle, philosophique et morale, ayant pour base l’Histoire des civilisations à partir des textes et documents propres à une rituélie, incluant les mythes et légendes.

La Loge est la représentation figurée des Plans divins à déchiffrer ou à défricher à l’appui des symboles qui composent si richement le Temple. Ces symboles sont clairement manifestés et révélés depuis des siècles, à travers des Œuvres architecturales et artistiques (édifices, fresques, sculptures, peintures, vitraux,….), et surtout maints ouvrages littéraires, dont les écritures vetero et neo testamentaires. Ainsi la Loge est à considérer telle un corpus d’Initiés, qui se réunissent dans des formes codifiées et accoutumées, dans le but d’étudier les voix intérieures. S’en emparer est, pour les Initiés, une porte ouverte, une invitation à cerner les Mystères de la Franc-Maçonnerie, et à servir le Dessein du Grand Ordonnateur de tous les Mondes et Créateur de toutes choses.  Les Initiés sont des hommes et des femmes qui ne se satisfont pas seulement d’une rencontre mensuelle dans une salle de réunion décorée d’images ou d’iconographies, pas plus qu’ils ne se contentent d’une présence ordinaire ou passive à une rituélie. Ce sont des cherchants, des curieux qui sortent du moule du cadre profane. Ils sont à la recherche d’un éclairage qui les conduira vers une véritable compréhension, si ce n’est à l’acquisition de nouveaux Savoirs, sans épargner les références à l’altruisme.  Les Initiés convaincus des bienfaits de l’Initiation entrent en Loge, libres et acceptés au sein de la Fraternité, où ils demeurent unis pour le bien des Travaux communs et le but ultime et constant de leurs efforts : la projection en la cité terrestre des perfections de la cité d’En-haut.  Les rétributions qu’ils y trouveront ont une valeur inestimable, puisqu’elles sont les attributs et objectifs de tous les hommes de bien et les fondements de toutes cultures spirituelles pratiquées dans le monde.

Mais sans constitution régulière, il ne peut être établie et prouvée l’authenticité de la Loge afin que la Franc-Maçonnerie règne sur le cœur et l’esprit des Initiés, et qu’elle perpétue la Tradition de l’une des plus vieilles Institutions du monde. Il semble y avoir de nos jours environ plus de cinq millions de Maçons sur Terre, travaillant à divers Rites. Leur intelligence ne sera pas longtemps satisfaite par une présentation et un contenu rigides et austères, excluant toutes interprétations suggestives de vérités cachées ou dissimulées. Constat est fait d’une abondante littérature spéculative et d’une communication élargie aux réseaux sur internet, dont il est vrai que le présent Travail en est un exemple ; mais tout ceci peut générer bien des doutes sur les fondements de la Franc-Maçonnerie d’une part, et sur les Rituels d’autre part. Il peut éventuellement se produire des conversions à un autre Rite par ceux qui sont déroutés de leurs objectifs.

Le mot ‘’constitution’’ requiert deux conditions essentielles. Du latin ‘’ce qui est posé et établi, fixé et déterminé’’, constitution désigne l’acte de constituer, dont le préfixe ‘’con’’ (du latin cum) signifie ‘’ensemble’’, donc à l’unisson de plusieurs Initiés.

Les Francs-Maçons ne manqueront pas de faire la liaison du sens intrinsèque du mot constitution avec les deux colonnes du Temple. La première s’inscrit dans l’acte d’établir (à rapprocher de Jakin), et la seconde dans un mouvement d’ensemble soit en Force (à rapprocher de Booz). Le concept ‘’établir en force’’ émerge d’une détermination dans l’esprit des fondateurs d’une Loge.  Celle-ci prendra place au sein d’un Ordre ou d’une Obédience, dont la mission est la consécration de la Loge, en lui délivrant patente de constitution. La requête de création d’une Loge, présentée et signée par les pétitionnaires, marque la volonté de ses futurs Membres à coopérer ensemble en véritables Maçons, pour sa durée en une longue existence, le rayonnement de ses Travaux et la Lumière en l’âme de ceux qui l’animeront tout au long des années.

         La Loge est dite respectable quand elle est juste et parfaite, selon l’expression usuelle dans l’esprit des vieilles Traditions, dont les trois clés sont ainsi rappelées :

  •  trois la dirigent,
  •  cinq l’éclairent,
  •  sept la rendent juste et parfaite.

Assisté du Collège d’Officiers, le Maître de Loge préside les Travaux, et tous concourent à inculquer aux Frères sur les Colonnes les Devoirs du Maçon, ‘’fuir le vice et pratiquer la vertu en préférant à toutes choses la Justice et la Vérité ’’. Ces clés seraient vaines et sans effet si les Membres, qui composent la Loge, ne se réfèrent pas au RITUEL, lequel constitue le fond d’un texte, qui n’est autre que son sens et ce qu’il signifie dans une forme qui lui est particulière et propre. Et il convient de ne pas séparer le fond, soit le propos, de la forme qui se présente sous diverses enveloppes : symbolique, éthérée et sublimée, philosophique et spirituelle. Depuis des temps immémoriaux, les Mystères, du latin médiéval misterium, relèvent de ce qui est inaccessible à la raison parce qu’obscurs, ou cachés, et s’assimilent aux Cérémonies.  Celles-ci donnent accès à bien des énigmes, dont celle du bon usage des mots, et non des mots substitués qui perdent l’homme des temps modernes dans des conjectures dénuées de pure réalité. Bon nombre d’allégories sont proposées aux Maçons, dont ‘’rassembler ce qui est épars’’, mas aussi ‘’ce qui est en Bas est comme ce qui est en Haut’’, faisant allusion au Temple d’En-bas qu’ils construisent au travers de leurs Travaux qu’ils souhaitent à l’image du Temple d’En-haut. Alors que le Temple des Cieux est présidé par la Divinité en trois Personnes, notre Temple terrestre (maçonnique) est dirigé par les trois Maillets. On peut déceler dans le Temple céleste un étalon, un modèle émérite vers lequel doit tendre le Temple terrestre sacralisé des Maçons. Ainsi, n’y aurait-il pas lieu de considérer que le Temple céleste est présidé par la divinité tri-unitaire, Dieu le Père, Dieu le Fils, et le Saint-Esprit ? (attention ceci n’est qu’une allusion à ne certainement pas associer, voire à assimiler aux trois Maillets).

Le Temple maçonnique dans son gouvernement, sa constitution et ses Travaux,

fournit l’archétype et le modèle de tout ce qui doit être enseigné aux Initiés. Nous pouvons aussi évoquer l’Esprit, l’Âme et le Corps, et dans ce trinôme se reflète la parenté des trois aspects de l’humain avec le prototype divin. Partout, on peut trouver la représentation de Dieu comme les Trois en Un et l’Un en Trois, sachant que Dieu a promis que là où deux ou trois seraient réunis en son Nom, il serait au milieu d’eux ; comme nous l’appelons à témoin de nos Travaux, le suppliant très humblement de nous donner l’influx de Son Esprit, d’illuminer nos Âmes de Sagesse et d’Intelligence, afin que toutes nos actions tendent à sa Gloire et au salut de nos Âmes (Cf. notre Rituel de Fondation d’une Loge).

En Inde, une reconnaissance aussi vivante est accordée à la Trinité célébrée sous des noms variés, parmi lesquels les plus familiers connus par nous, sont Shiva, Vishnou, et Brahmâ. Toutes les religions du monde admettent le fait que cette Trinité fondamentale accomplit ses Plans par l’intermédiaire d’un groupe de sept Êtres (dotés de sagesse, beauté, force, énergie, volonté), ou de sept états identifiés sous des noms divers. On peut citer ceux chers aux chrétiens : les Sept Esprits devant le Trône de Dieu (Apocalypse 3,1), les sept patriarches d’Israël (Abraham, Isaac, Jacob, Moïse, Aaron, Joseph et David). Ils correspondent aux Entités que sont Sept Eons ou les Sept Emanations de la philosophie grecque, invoquées par Platon, les Sept Rishis ou Prajapatis (ancêtres de Brahma) de l’enseignement indou, les sept Lois noahides ou noachiques. Nous retrouvons les sept, isolés, dans les sept jours de la semaine, comme dans les sept astres (Lune, Soleil, Mars, Mercure, Jupiter, Vénus, Saturne) et les sept couleurs du spectre de l’arc-en-ciel, les sept collines de Rome et de Jérusalem, les sept animaux purs de chaque espèce dans l’arche de Noé (Genèse 7,3), les sept notes de musique (do, ré, mi, fa, sol, la et si), les sept pointes de la couronne de la statue de la Liberté, les sept Maîtres du Collège d’Officiers au REP, etc.  Aujourd’hui nous connaissons le ‘’G7’’ qui rassemble les sept plus grandes puissances mondiales.  Ainsi, nous découvrons le nombre symbolique du SEPT.

Dans ce prolongement, nous pouvons considérer que la Loge symbolique remplit parfaitement sa condition d’être puisque sept Maçons la rendent juste et parfaite.

Une parenthèse est ici ouverte sur le Nombre 7 qui s’inscrit dans le rythme du temps, précisément dans le nombre de jours nécessaires à la Genèse.  Nombre vraisemblablement calqué sur une approche du cycle lunaire attribué à Thot, dieu lunaire des prêtres égyptiens d’Hermopolis, qui était le Seigneur des paroles divines et des forces magiques. Le Nombre de jours qui composent la semaine évoque les sept déesses de Mésopotamie qui ont assisté la déesse-mère Ninmah en Mésopotamie antique dans le mythe du moule d’argile qui était destiné à fabriquer l’homme…

Dans ce brassage des cultures spirituelles des sociétés de toutes origines, les clés de l’organisation de la Loge (prise en tant que microcosme) ne sont rien sans le Rituel. Encore faut-il que le Rituel soit pris et conservé dans  sa conception  originelle,  à partir  de son  écriture  puisée dans les sources de la Franche-Maçonnerie rendue à ses véritables origines.

Nous ne pouvons ignorer la ‘’révolution andersonienne’’ de 1723 à 1738 dont la dernière édition conforte la généalogie de l’histoire du Métier sur le thème du Noachisme, qui permet de dépasser les clivages occidentaux entre croyants monothéistes, chrétiens, juifs et mahométans. Le fondement des Constitutions d’Anderson avait pour but de dénoncer une Maçonnerie strictement chrétienne au profit d’une Maçonnerie fondée sur le Noachisme, alliance la plus universelle qui soit. Cela est très bien pour une conception recomposée de la Franc-Maçonnerie, qui exclut la Tradition par des aménagements voulus et notifiés dans les Obligations d’un Franc-Maçon, concernant Dieu et la religion. Ces obligations, stipulées dans les ‘’fameuses Constitutions’’, ont donc été partiellement conservées dans les éditions ultérieures. Elles précisaient ‘’Un maçon est obligé, par son engagement, d’obéir à la loi morale, et s’il comprend correctement l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irréligieux…’’.  En revanche, les Rituels du Rite Ecossais Primitif appliquent un conformisme affirmé selon la Tradition et l’Histoire de l’Ecosse, dans la lutte entre la dynastie Stuart catholique et celle des Hanovriens protestants, qui a généré la Maçonnerie écossaise, nettement séparée de la Maçonnerie anglaise, puis de celle anglo-saxonne.

Deux définitions s’imposent, théisme et déisme, succinctement définis comme suit :

  • le théisme (du grec theos, Dieu) se conçoit sous deux formes, l’une religieuse et doctrinale selon laquelle sont affirmées la Foi en Dieu unique et révélé et la Parole divine essentielle au salut de l’Homme, en opposition à l’athéisme ;
  • la seconde, purement philosophique à caractère irréligieux, promeut le principe de la religion naturelle universelle à partir des règles morales. C’est le déisme (du latin deus), pris telle une conception philosophique qui admet l’existence d’une divinité et rejette toute révélation et religion en un Dieu unique. Aussi le déisme revendique le statut précité ci-avant de ‘’Religion naturelle dans les limites de la raison humaine’’. Il génère le relativisme, le syncrétisme et l’agnosticisme.

         Sous couvert d’un ésotérisme élargi à l’Initiation symbolique, la Franc-Maçonnerie anglo-saxonne et la GLUA (parfois indûment qualifiée de Mère-Loge du monde) s’engagent à améliorer indifféremment la société des Hommes en concordance avec le pouvoir politique des Nations, dont celles du Vieux Continent. Les interventions des philosophes enclins à un déisme non fermement affirmé ou pour certains purement déistes, sinon dans un athéisme peu ou prou affiché, ont insufflé à la Franc-Maçonnerie une évolution des convictions philosophiques, idéologiques et religieuses, au titre d’une spiritualité et d’un humanisme futuristes. Ce courant d’une nouvelle culture philosophique a connu un large succès au XVIIIe siècle, dit Siècle des Lumières. Dans les siècles suivants, vouée à maintenir des avancées sociétales et donc humanistes, nous assistons à une Franc-Maçonnerie qui affiche, dans sa recherche de progrès, un renouveau de ses Usages pour diverses raisons promues par quelques Obédiences.

Porteur d’une déclaration de principes, le Rite Ecossais Primitif sort totalement des enjeux ci-avant évoqués. Ses Loges de saint Jean au REP sont classées ‘’Loges rouges’’ parce qu’elles entrent dans la Franc-Maçonnerie initiatique à caractère liturgique. Sa rituélie pourrait être entendue tels un écho à de nombreuses philosophies et cultures nées de l’étude du Monde et de la nature pour conduire à la Connaissance. La couleur rouge PONCEAU, qui lui est propre, de l’ornementation de ses Temples et des décors de ses Membres, rappel du cordon rouge du Rose+, confère à cette rituélie une identité éminemment initiatique et spirituelle, voire chrétienne et rosicrucienne. Le Rite Ecossais Primitif est essentiellement de nature spirituelle, sans dogmatisme privatif de toute liberté de recherche et de travaux d’études individuels et collectifs. C’est ainsi que l’Ordre du REP (monorite), qui n’est donc pas une Obédience (multirite), retient la vocation première de la Franc-Maçonnerie de Tradition sans dogme, ni théologie. En raison de ce qui précède, le Rite Ecossais Primitif ne saurait être compris comme une entité confessionnelle, pas plus qu’un substitut de religion. Par voie de conséquence, l’Ordre du REP ne propose aucun système de foi qui lui soit propre.

Le mot ‘’constitutions’’, dérivé de ‘’constituere’ signifie établir, et les Règlements généraux de l’Ordre du REP nous renvoient à une échelle des Grades et Degrés, dont les Loges symboliques, classées Loges de saint Jean, et les Loges chapitrales de saint André. Toutes n’ont pas vocation à conduire au salut, ni tenter de réunir les religions entre elles ou promouvoir la croyance en un dieu composite, et pas davantage de fournir un soutien sociétal, économique ou politique à une Nation.

(Travail déposé sur le site en juin 2021)